En remarque liminaire on évoque les deux sens différents de la séduction : d’une part un procédé naturel suscitant l’attirance (comme le plumage chez les oiseaux ou les phéromones) ; d’autre part les ruses dont les hommes ou les femmes usent pour s’entre-séduire. La discussion portant sur la  séduction en tant que machinée dans le but de corrompre, on usera plutôt de ce dernier sens.

1 – Après avoir noté que la séduction suppose une relation à deux, on recense les facteurs présents dans la séduction : - D’abord, la séduction cherche à faire jaillir un désir, et corrélativement, tente de découvrir une faille par où s’immiscer. - La séduction, agit en priorité sur la sensibilité et l’affectivité, court-circuitant la raison et l’intelligence. - L’arme du séducteur est le charisme (ou : charme) difficile à définir, mais il possède également des techniques de séduction sur les quels on reviendra (paragraphe 3)

2 – On en vient alors aux effets de la séduction : ont-ils toujours comme le suggère le sujet proposé un rapport à la corruption ? On rappelle d’abord que la séduction établit un certain mode de relation entre les individus pouvant être défini comme de nature psychologique, mais établissant également un certain « liant » social. Certains de ces effets sont voulus : on liste les objectifs du séducteur : - Obtenir la reconnaissance ce qui suppose de plaire aux autres - le champ de la séduction étant très large, de la vie sociale normale à la pathologie (don juanisme), on remarque que le désir de séduire se double en général du désir d’être séduit : le pouvoir du séducteur repose parfois sur le désir de celui qui est séduit. - La séduction se déploie souvent à partir d’un narcissisme, ce qui, dans des cas extrêmes, la fait parfois prendre pour de la perversion.

3 - Comment séduire ? Séduire, c’est paraître, soit par l’effet quasi mécanique d’un dispositif (le chanteur en scène dans le rond de lumière), soit par des ruses : c’est le diable qui séduit. En face du séducteur il y a le « séduit » qui trouve dans la séduction le bonheur par la démarche du séducteur qui comble ses failles – du moins qui le lui donne à croire. (cf. ci-dessus). Pour séduire il faut donc également bien connaître celui qu’on séduit (= connaitre ses failles comme on vient de le voir). Mais pour l’essentiel, la séduction résulte d’une entreprise de tromperie et d’illusion, ce qui en exclut la vérité, mais aussi les relations humaines authentiques. On observe alors que dans ce cas, le nouveau Président des États-Unis n’est pas un séducteur, car tel il s’est présenté dans sa campagne, tel il reste après.

4 – La séduction dans la relation amoureuse. La séduction est une étape de cette relation, ce qui rappelle qu’elle est soumise à une temporalité qui la conduit soit à disparaitre dans une nouvelle forme d’amour, soit à chercher la réitération avec une nouvelle proie (ou évoque don Juan et Le Journal du séducteur de Kierkegaard) : dans le premier cas la séduction est une étape de la vie amoureuse, dans le second elle est ce qui la pervertit. (On évoque aussi le cas du séducteur victime de sa manœuvre en tombant amoureux de sa proie.)

5 – Un monde sans séduction est-il envisageable ? Un monde de froideur sans désir ? Ou bien une réalité qui ferait du désir quelque chose qui trouve à s’alimenter dans la réalité ? On réagit à cette seconde proposition : - soit en rappelant que certains traits authentiques d’une personne peuvent bien nous séduire et nous tromper en même temps dans la mesure où ils nous font oublier les autres (cf. le cas Donald Trump ci-dessus) ; - soit en rappelant que le réel n’est jamais tel qu’il nous apparait et que nous-mêmes ne sommes pas tels que nous voulons le croire et le dire. Pouvons-nous imaginer vivre sans chercher à plaire ? Quelque fois, cette dernière entreprise n’est qu’une ruse de l’amour de soi (comme La Bruyère l’a longuement expliqué)